Méthode Stanislavski
Jouer "juste", jouer "vrai"

Cette méthode (appelée parfois aussi système Stanislavski) se réclame des écrits sur la mise en scène et la direction d'acteur de Constantin Stanislavski, metteur en scène et théoricien de théâtre russe dont la technique pédagogique est résumée en deux livres : La formation de l'acteur et La construction du personnage.

La Méthode est souvent montrée comme une technique de jeu particulièrement naturaliste, en opposition à un jeu plus figuratif. N'oublions pas que Stanislavski a développé ses techniques de jeu pour traduire une réalité naturaliste, éloignée des clichés du théâtre de son époque, afin d'exprimer le naturalisme des textes des auteurs de son époque, tels que Gorki ou bien encore Tchekhov.

L'improvisation, la recherche sur la mémoire sensorielle, le passé du personnage, le geste psychologique, etc. sont des techniques habituelles de cette école. Mais le principe premier de cette technique de jeu naturaliste consiste avant tout à expérimenter les circonstances du rôle, les indications psychologiques précises sur l'état du personnage à tel ou tel moment de la situation dans laquelle il se trouve.

Par la suite, la réflexion de Stanislavski le pousse à ne plus imposer sa vision de la psychologie du personnage à ses comédiens, mais à former ses comédiens pour qu'ils travaillent à trouver, par eux-mêmes, et en eux-mêmes, la psychologie du personnage.


Différents thèmes issu du livre « La formation de l’acteur » seront abordés pendant les ateliers :
  • La mémoire affective

    L'acteur ne construit pas son rôle avec la première chose qui lui tombe sous la main. Il choisit soigneusement, parmi ses souvenirs, et trie parmi ses propres expériences, les éléments les plus en adéquation avec l’état d’esprit dans lequel il doit être. Il est toujours difficile de reproduire un sentiment que l’on découvert par accident sur scène. Ce sentiment doit avoir été apprivoisé et maitrisé avant.

  • La sincérité de l’acteur

    Comme selon le proverbe « Aime-moi je te fuis, Fuis-moi je te suis », il n’y a rien de pire qu’un acteur qui veut à tout prix qu’on l’aime d’où les dérives vers le cabotinage. Alors qu’un comédien qui livre ses sentiments avec sincérité aura toujours l’indulgence du public même si il se trompe.

  • L’activité

    "Vous êtes restée assise et vous avez attendu sans rien jouer. C’est ce que vous avez fait de mieux ! » Il est souvent plus difficile de rester sur scène sans rien faire que d’avoir le premier rôle avec une tonne de page à connaître mais ne pas vraiment être dans le personnage. Le public se souviendra plus facilement de l’acteur qui ne disait rien mais qui était tellement présent que l’on ne voyait que lui. Exit la super star aux répliques interminables.

  • L’imitation, son intérêt et ses dangers

    Pour reproduire des sentiments, vous devez être capables de les retrouver en faisant appel à votre propre expérience. A l'inverse, les acteurs qui pratiquent un jeu "mécanique" ne cherchent pas à éprouver les sentiments du personnage, ils ne peuvent pas en reproduire les manifestations.

    L'acteur doit, grâce à son art et à sa technique, découvrir par des moyens naturels, les traits qu'il devra développer dans son personnage. De cette façon, l'âme de son personnage sera une synthèse d'éléments vivants et réels de sa propre nature.

  • La spontanéité de l’émotion 

    Il est très tentant, bien sûr, d'introduire dans son jeu des sentiments inattendus, inconscients. C'est ce dont nous rêvons tous et c'est l'un des aspects les plus séduisants de la création artistique. Mais ce n'est pas une raison pour minimiser le rôle des sentiments répétés, provoqués par la mémoire affective. Au contraire, soyez-leur extrêmement attachés, car eux seuls peuvent, dans une certaines mesure, déclencher l'inspiration.